Avant propos
Toute pratique martiale est respectable dès lors qu’elle s’inscrit dans l’épanouissement, la paix, l’harmonie et le respect de l’individu. C’est dans cet état d’esprit que nous pratiquons les arts martiaux dans l’association NAIDOKAN. 
Les limites d’une pratique martiale purement externe
Beaucoup d’arts martiaux impliquent des postures basses et des mouvements amples et pénétrants. Il y a bien entendu du bon à travailler ainsi : cela forge et endurci le corps, cela permet également d’améliorer son mental (il faut en vouloir pour travailler bas) et cela renforce le caractère. L’externe doit se travailler, c’est une certitude. Mais pratiquer l’externe comme seule ligne de conduite peut être dangereux à plusieurs titres pour le ou la pratiquante car il/elle peut :
- s’enfermer dans une « quête de l’esthétisme » dont la seule finalité de la pratique se résume au monde du visible (la partie émergée de l’iceberg) et donc à la recherche d’une beauté gestuelle creuse et vide de sens. Dans ce cas précis, le kata ou le taolu peut être alors perçu comme un outil “refuge” servant seulement cette quête d’esthétisme superficielle. Or cela est bien plus que cela…
- tomber dans une routine d’autosatisfaction illusoire : apprendre un mouvement externe est relativement facile d’accès (il suffit de « copier» un visuel pour reproduire ce mouvement). le pratiquant ou la pratiquante aura donc le sentiment de « maîtriser rapidement les techniques » et s’en contentera et continuera alors de « singer » ces mouvements superficiels durant toute sa vie en pensant que la seule répétition régulière de ces mouvements suffira à améliorer sa pratique. Il/elle s’exposera ainsi au risque de stagner dans sa progression une fois arrivé à un certain niveau et se verra alors frustré de ne plus pouvoir continuer à avancer et finira par abandonner la pratique car le sentiment d’avoir fait le tour de la discipline sonnera pour lui/elle comme une évidence. En réalité le « mouvement véritable » n’aura pas été intégré durant toutes ces années
- s’exposer à des risques de blessures : de mauvaises répétitions de mouvements focalisées sur l’externe ou une mauvaise biomécanique (posture très basse tétanisant les muscles) peut conduire sur du long terme à des risques de blessures sévères (déchirures, destruction d’articulations). Or l’un des buts des arts martiaux n’est il pas la longévité ?
Pourquoi “NAIDOKAN” ?

“Bâtiment où l’on étudie le mouvement interne”
Naidokan pourrait se traduire en japonais par « bâtiment où l’on étudie le mouvement interne ». Il traduit simplement l’expression d’une prise de conscience relative à l’importance d’étudier aussi la dimension interne dans l’art martial. Elle est selon nous, pratiquants, une clé permettant d’aller encore plus loin dans la pratique et s’inscrit dans la lignée des recherches sur l’efficacité (pour la santé et le combat) léguées par les maîtres. Ainsi, la technique n’est pas une finalité pour qui veut découvrir la partie immergée de l’iceberg (l’interne). Elle n’est qu’un moyen, un outil pour comprendre des principes universels sous-jacents qui sommeillent en nous.